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The Wrong Man

Quentin Billard

« The Wrong Man » (Le faux coupable) est  le dernier film que tourna Alfred Hitchcock pour le studio de la Warner  en 1956, après une série de long-métrages incluant « Rope » (1948), «  Under Capricorn » (1949), « Strangers on a Train » (1951), « Dial M For  Murder » (1954) ou bien encore « I Confess » (1953). Après « The Wrong  Man », Hitchcock retournera ensuite avec la Paramount Pictures et  Universal Pictures, pour lesquels il tournera ainsi quelques uns de ses  films les plus célèbres comme « Vertigo » (1958), « Psycho » (1960), «  North by Northwest » (1959) ou bien encore « The Birds » (1963). « The  Wrong Man » est l’un des rares films d’Alfred Hitchcock à avoir été  adapté d’une histoire vraie, inspirée du livre « The True Story of  Christopher Emmanuel Balestrero » de Maxwell Anderson (qui a d’ailleurs  co-écrit le scénario du film avec Angus MacPhail) et de l’article « A  Case of Identity » d’Herbert Brean paru en 1953 dans le magasine « Life  ». L’histoire resta même quasiment inchangée pour le film, un souci  incroyable de réalisme totalement anti-hollywoodien et très moderne pour  l’époque. Le film fut d’ailleurs salué dans un article publié dans les  Cahiers du Cinéma en 1957 par une critique particulièrement élogieuse de  Jean-Luc Godard et une autre de François Truffaut parue à la même  époque. « The Wrong Man » évoque ainsi l’histoire vraie de Christopher «  Manny » Emmanuel Balestrero (Henry Fonda), un modeste musicien de jazz  qui travaille en tant que contrebassiste dans le Stork Club à New York,  et qui décide un jour de se rendre au siège de sa compagnie d’assurances  afin de demander un prêt pour payer les soins dentaires à sa femme Rose  (Vera Miles). Mais sa vie bascule soudainement lorsque la  réceptionniste qui le reçoit l’identifie formellement comme étant  l’auteur du braquage de la banque survenu il y a quelques temps. Peu de  temps après, Manny est emmené par la police et interrogé dans les locaux  de la 110ème brigade new-yorkaise. Manny clame fort son innocence et  tente de convaincre ses accusateurs qu’il est lui-même victime d’une  terrible erreur d’identité, mais la machine judiciaire, implacable, est  déjà en route et le destin de Manny semble désormais bien sombre. Sa  femme Rose ne supporte pas de voir son mari traîné ainsi dans la boue et  tombera par la suite dans une grave dépression nerveuse, l’obligeant à  être internée quelques temps dans un hôpital psychiatrique, s’accusant  elle-même d’être responsable des malheurs de son mari. Quand à Manny, il  devra livrer une longue bataille judiciaire aux côtés de son avocat  maître O’Connor (Anthony Quayle) afin de réussir à prouver son  innocence, malgré le fait que toutes les preuves semblent l’accabler. «  The Wrong Man » a donc été conçu par Alfred Hitchcock comme une sorte de  fiction documentaire retraçant point par point l’histoire exacte de  Christopher Balestrero. Si le concept n’a rien de bien surprenant  aujourd’hui, il était en revanche beaucoup plus rare et assez moderne en  1956, surtout dans la filmographie d’un cinéaste peu habitué à tourner  des films inspirés de fait divers – à noter que le film débute par un  monologue présenté par le réalisateur lui-même et annonçant le fait que  le film raconte une histoire vraie.


Arborant un noir et blanc qui  renforce le côté ‘archive/documentaire’ du film, « The Wrong Man » est  un solide mélange entre suspense psychologique et drame intimiste,  entièrement servi par l’interprétation bouleversante de justesse d’Henry  Fonda et de Vera Miles. Mieux encore, le film est un pur chef-d’oeuvre  de mise en scène, Hitchcock abordant ici un de ses sujets de  prédilection, le faux coupable accusé à tort d’un crime (idée qui  culminera dans « North by Northwest » en 1959) et le thème d’un homme  ordinaire confronté à une situation extrême qui le dépasse totalement.  Inspiré par l’esthétique réaliste du cinéma européen de l’époque,  Hitchock expérimente lors de certaines séquences quelques effets comme  le cercle en vue subjective que fait la caméra lors de la scène où Manny  se retrouve enfermé dans une cellule, ou l’effet de rotation troublant  et angoissant lorsque Manny se retrouve dos au mur, terrifié à l’idée de  rester enfermé toute sa vie, effet qui traduit à ce moment là l’extrême  détresse et la malaise du personnage d’Henry Fonda. Mais le film vaut  surtout par l’incroyable performance de l’acteur principal, qui parle  peu tout au long du récit et semble subir passivement la situation sans  vraiment réaliser ce qui est en train de lui arriver. Hitchcock  substitue aux mots tout un long travail passionnant sur les regards qui  traduisent la grande détresse de Manny : le plan où Henry Fonda rentre  dans le tribunal en bougeant à peine ses lèvres lorsqu’il aperçoit sa  femme au fond de la salle rappelle encore une fois le mutisme du  personnage principal, totalement désemparé face à une situation aussi  improbable qu’irrémédiablement tragique. C’est grâce à cette force de  conviction et à un regard incroyablement expressif et lourd de sens  qu’Henry Fonda réussit à porter une bonne partie du film sur ses  épaules, tandis qu’Hitchcock parvient à éviter la routine laborieuse du  documentaire en maintenant un rythme continu et une mise en scène  parfois très inventive. On ressent toutes les émotions que le cinéaste  tente de nous faire partager ici, de l’angoisse lors de la séquence où  Manny est arrêté et interrogé par les policiers, de la claustrophobie et  de la détresse pour la scène dans la prison, et même du désespoir  lorsque Manny annonce enfin la bonne nouvelle à sa femme à la fin du  film, qui reste pourtant sourde à ce que lui affirme son mari et semble  s’être totalement déconnectée de la réalité suite à un immense choc  psychologique. Autre élément rare dans le film, la présence d’allusions  religieuses, notamment lorsque Manny garde son rosaire dans sa main lors  du procès, ou lorsque sa mère lui rappelle l’importance de prier pour  avoir la force d’affronter ces terribles épreuves. Et bien sûr, on  retrouve encore une fois chez Hitchcock des allusions au monde  psychiatrique avec une scène de sanatorium qui renvoie clairement à «  Spellbound » (1945), un monde qui semble avoir particulièrement fasciné  le cinéaste américain. Le résultat est donc tout bonnement épatant,  Alfred Hitchcock nous offrant avec « The Wrong Man » un très grand film  et peut être même l’un de ses films les plus personnels et les plus  déconcertants de sa période des années 50.


« The Wrong Man » a  été mis en musique par Bernard Herrmann, grand complice d’Alfred  Hitchcock qui signa là sa troisième partition pour un film du cinéaste  après « The Trouble with Harry » (1955) et « The Man Who Knew Too Much »  (1956). La partition d’Herrmann pour « The Wrong Man » n’est certes pas  la meilleure oeuvre du compositeur pour un film d’Hitchcock, mais le  résultat n’en demeure pas moins extrêmement réussi et représentatif de  la qualité de la collaboration Herrmann/Hitchcock. Pour les besoins du  film, Bernard Herrmann a décidé d’utiliser une instrumentation  relativement restreinte, utilisant essentiellement un orchestre de  taille moyenne principalement constitué d’une contrebasse soliste qui  joue quasi systématiquement en pizz (pour évoquer le personnage de  Manny, qui s’avère être un contrebassiste de jazz dans le film), d’un  ensemble de cuivres incluant des trompettes en sourdine, avec quelques  bois. En revanche, exit les cordes ici, qu’Herrmann a décidé de  supprimer, préférant se concentrer autour d’une formation à vent  (flûtes, clarinettes, clarinette basse, hautbois), avec cuivres, harpe  et contrebasse soliste – ce qui permet aussi d’accentuer, par le choix  de couleurs instrumentales exclusives, l’aspect noir et blanc du film,  un peu comme Herrmann le fera avec les cordes sur « Psycho » en 1960. Le  thème de « The Wrong Man » est exposé dès l’intro du film dans «  Hitchcock », un motif de deux notes énigmatique et menaçant caractérisé  par le son des trompettes en sourdine, principale caractéristique  musicale de la partition de Bernard Herrmann. Hormis une pièce de jazz  latino dansant dans l’excellent « Prelude » pour la scène dans le club  de jazz où joue Manny au début du film (sans aucun doute le morceau le  plus accessible de la partition de « The Wrong Man »), le reste du score  repose essentiellement sur une atmosphère de mystère et de suspense  assez minimaliste et toute en retenue. Dans « The Hallway », Herrmann  suggère le début des ennuis pour Manny avec ses pizz entêtant de  contrebasse et ses bois mystérieux et sombres, jouant bien souvent entre  le grave et le médium, morceau qui trouve écho dans « 5 AM », tandis  que « The Car » introduit à nouveau les cuivres en sourdine, avec un  mélange de trompettes et de cors dont la sonorité caractéristique et  particulière des sourdines apporte une ambiance vraiment très  particulière au film d’Hitchcock. Herrmann explore d’ailleurs à plus  d’une reprise le timbre assez spécifique des sourdines de trompettes ou  de cors dans de nombreux passages de la partition, lui permettant ainsi  de créer une atmosphère de trouble et de tension psychologique assez  pesante à l’écran. C’est là la grande trouvaille d’Herrmann sur « The  Wrong Man », qui possédait un sens décidément très personnel – et assez  génial – des orchestrations, qu’il savait adapter systématiquement à  chaque film qu’il mettait en musique.


« The Store » et « The  Second Store » jouent essentiellement sur le registre grave des bois  avec les pizz entêtant de la contrebasse solitaire, tandis que le motif  de deux notes est développé lentement ici par un mélange de clarinettes  basse assez inquiétant pour la scène où Manny se rend dans deux stores  afin d’être identifié par les commerçants. « Fingerprints » reprend le  motif sinistre avec la sonorité particulière des trompettes en sourdine  dont le grincement aigu crée une sensation de malaise évidente dans le  film, surtout dans la façon dont Herrmann fait progressivement monter  les notes des trompettistes vers le registre aigu. Herrmann accentue  même les effets de sourdine dans « The Cell I » et « The Cell II », où  la musique renforce l’atmosphère de malaise et de tension, notamment  dans les sonorités menaçantes des clarinettes basses et de la harpe dans  le grave, sans oublier l’omniprésente contrebasse soliste et ses  pizzicati entêtants associés au personnage d’Henry Fonda dans le film.  Le motif de deux notes devient encore plus sinistre dans « The Cell II  », où la musique bascule dans une anarchie quasi enragée lors de la  séquence du malaise simulée par un effet de rotation inventif de la  caméra lors de la scène où Manny est enfermé en prison, dos au mur. A  noter ici la façon dont Herrmann combine deux groupes de trompettes en  utilisant deux sourdines différentes, une « wa-wa » et une « bol »  (appelée aussi « cup mute » ou « sourdine muette »). Les deux groupes de  sourdine se répondent d’ailleurs tout au long de « The Cell II » à la  manière d’un système antiphonique, à travers un crescendo assez  terrifiant et angoissant. Dans « Police Van », Herrmann développe un  motif de clarinettes/harpe aux notes descendantes qui renforcent la  tension alors que Manny est emmené dans un camion de la police. A noter  ici les effets plus agressifs de ‘col legno’ de la contrebasse (on  frappe les cordes avec le bois de l’archet). A noter le retour des  sonorités grincantes et inquiétantes des sourdines quasi stridentes dans  « The Door », tandis que des morceaux tels que « The Tank/Handcuffs », «  The Telephone » et « Bob » développent une ambiance plus psychologique  et intime avec des harmonies de bois plus minimalistes et feutrées, très  réussies dans le film. La harpe devient plus présente dans « Farmhouse  », « Bridge » et « 3rd Floor », alors que Manny et Rose recherchent des  témoins pour le procès. L’atmosphère sombre et pesante du début se  prolonge dans « The Glove » et l’agressif « The Mirror », qui évoque la  folie de Rose lorsqu’elle frappe Manny avec un peigne. Les trompettes en  sourdine deviennent plus grinçantes que jamais ici, tandis que les  clarinettes et les flûtes tentent de calmer le jeu tout en renforçant le  malaise et la tension psychologique/dramatique de la séquence. On  notera l’omniprésence des bois dans le thème mélancolique de « The  Parting » et « Finale », dominé par un hautbois mélodique sur fond  d’harmonies graves de clarinettes.


Bernard Herrmann signe donc  une partition assez particulière pour « The Wrong Man », typique de sa  collaboration avec Alfred Hitchcock. La musique reste assez minimaliste  et retenue, bien mise en valeur dans le film, intervenant avec  parcimonie lors des moments-clé du récit tout en demeurant assez  répétitive et obsédante. Le score d’Herrmann apporte une vraie sensation  de trouble et de malaise psychologique dans le film sans jamais en  faire de trop, et ce grâce à une série de notes entêtantes et à une  utilisation remarquable des couleurs instrumentales, et plus  particulièrement des sourdines de trompettes. Voilà en tout cas un score  assez intéressant et un peu oublié de Bernard Herrmann, à redécouvrir  grâce à l’excellente édition CD de Film Score Monthly !

by Pascal Dupont 10 May, 2024
Charles Allan Gerhardt English version adapted by Doug Raynes - FRENCH VERSION AND COLLECTION had a reputation as a great conductor, record producer and musical arranger. His major work at RCA on the Classic Film Scores series earned him recognition from film music devotees of Hollywood’s Golden Age, as well as other renowned conductors of his day. Born on February 6, 1927 in Detroit, Michigan, Charles Gerhardt developed a passion for music and percussion instruments from an early age. At the age of five, he took piano lessons, and by the age of nine, had established a solid reputation as an orchestrator and composer. He spent his early school years in Little Rock, Arkansas, then after 10 years, having completed his schooling, moved with his family to Illinois for his military duties, he served in the U.S. Navy during World War II as a chaplain's aide in the Aleutian Islands, then became an active member of the Veterans of Foreign Wars. He went on to study at the University of Illinois, at the College of William and Mary, and later at the University of Southern California. Throughout his time at school Gerhardt was attracted not only to music, but also to the sciences. Passionate about the art of recording, he joined Westminster Records for five years, until the company ceased operations, and then joined Bell Sound. One day, he received a phone call from George Marek to meet with the heads of Reader's Digest, to discuss producing recordings for their mail-order record business; a contact that was to secure his musical future and a rich career spanning more than 30 years. Gerhardt's first job for Reader's Digest was to produce a record; “A Festival of Light Classical Music”; a 12 LP box set that he produced in full. One of Gerhardt's finest projects was the production of another 12 LP box set, “Les Trésores de la Grande Musique (Treasury of Great Music)”, featuring the Royal Philharmonic Orchestra conducted by some of the leading figures of the day: Charles Munch to Bizet and Tchaikovsky, Rudolf Kempe to Strauss and Respighi, Josef Krips to Mozart and Haydn, Antal Dorati to Strauss and Berlioz, Brahms 4th Symphony by Fritz Reiner and Sibelius’ 2nd Symphony by Sir John Barbirolli. In the 1950s he conducted works by Vladimir Horowitz, Wanda Landowska, Kirsten Flagstad and William Kapeli. In the early 1960s, Gerhardt lived in England, where he made most of his recordings, but kept a foothold in the United States, mainly in New York. Often, when he went to the United States after a period of recording sessions, he would stop off in Baltimore and spend some time listening to cassettes of his new recordings. Gerhardt loved percussion instruments, especially tam-tams. One of his favorite recordings was the Columbia mono disc of Scriabin's Poem of Ecstasy, with Dimitri Mitropoulos and the New York Philharmonic. He had great admiration and respect for the many conductors he worked with, starting with Arturo Toscanini, with whom he worked for several years before the Maestro's death. It was Toscanini who suggested that Gerhardt become a conductor, which he did! His career as an orchestra director began when he had to replace a conductor who failed to show up for rehearsals. It was a position he would later occupy for various recording sessions and occasional concerts. His classical recordings include works by Richard Strauss, Tchaikovsky, Wagner, Ravel, Debussy, Walton and Howard Hanson. Hired by RCA Records, he transferred 78 rpm recordings of Enrico Caruso and other artists to 33 rpm. He took part in recordings by soprano singer Kirsten Flagstad and pianist Vladimir Horowitz. He worked with renowned conductors such as Fritz Reiner, Leopold Stokowski and Charles Munch, from whom he learned the tricks of the trade. Still at RCA, he assisted Arturo Toscanini, with whom he perfected his conducting skills. Then, in 1960, he produced recordings for RCA and Reader’s Digest in London, and joined forces with sound engineer Kenneth Wilkinson of Decca Records (RCA's European subsidiary), The two men got on very well and shared a passion for recording and sound quality, making an incredible number of recordings over a 30-year period. Also in 1960, RCA and Reader's Digest entrusted him with the production of a 12-disc LP box set entitled “ Lumière du Classique (A Festival of Light Classical Music) ”, sold exclusively by mail order. With a budget of $250,000, Gerhardt assumed total control of the project: repertoire, choice of orchestras and production. He recorded in London, Vienna and Paris, and hired such top names as Sir Adrian Boult, Massimo Freccia, Sir Alexander Gibson and René Leibowitz. The success of this project, in terms of both musical quality and sound, earned him recognition from his employers. Other projects of similar scope followed… A boxed set of Beethoven's symphonic works with René Leibowitz and The Royal Philharmonic Orchestra. A boxed set of Rachmaninoff's works for piano and orchestra with Earl Wild, Jascha Horenstein and the Royal Philharmonic Orchestra, the above mentioned 12 LP disc set “Trésor de la Grande Musique (Treasury of Great Music)” with the Royal Philharmonic conducted by some of the greatest directors of the time: Fritz Reiner, Charles Munch, Rudolf Kempe, Sir John Barbirolli, Sir Malcolm Sargent, Antal Dorati and Jascha Horenstein, with whom Gerhardt had sympathized. In January 1964 in London, Gerhardt joined forces with Sidney Sax, instrumentalist and conductor, to form a freelance orchestra. This successful group went on to join the National Philharmonic Orchestra of London, an impressive line-up that would later become Jerry Goldsmith's orchestra of choice. With Peter Munves, head of RCA's classical division, he conceived the idea of recording an album devoted exclusively to the film music of Erich Wolfgang Korngold, one of his favorite composers. Enthusiastic about the project, Munves gave Gerhardt carte blanche, and was offered a helping hand by George Korngold, producer and son of the famous Viennese composer, who owned all the copies of his father's scores. The Adventure Began : The Sea Hawk: Classic Film Scores of Erich Wolfgang Korngold. For this first disc, Gerhardt selected 10 scores by Korngold, which he recorded in the Kingsway Hall Studio in London, renowned for its excellent acoustics. The disc thus benefits from optimal recording conditions, favoring at the same time the performances of the National Philharmonic (and its leader, Sidney Sax), a formidable orchestra made up of London's finest musicians and freelance soloists. Each album was recorded in the same studio, with Kenneth Wilkinson as sound engineer and George Korngold as consultant/producer. As soon as it was released, the album's success received strong acclaim in classical music circles and received a feature in Billboard No. 37, a first in this category in December 1972. It took no less than a year to sell the first 10,000 copies in all the specialist record suppliers and the album went on to sell over 38,000 copies, making it the fifth best-selling album in the “classical” category in 1973. On the strength of this success, Peter Munves and RCA entrusted Charles Gerhardt with the production of further discs devoted to other world-renowned composers of Hollywood music. The program includes several albums dedicated to Max Steiner and Erich Wolfgang Korngold plus one each to Miklos Rozsa, Franz Waxman, Dimitri Tiomkin and Bernard Herrmann, followed by 3 volumes associated with specific film stars such as Bette Davis, Errol Flynn and Humphrey Bogart. Then, a disc devoted to Alfred Newman, a composer who was a pillar of the famous Hollywood sound, who Gerhardt admired and had met: “Newman was a charming man, full of good humor. He was friendly, fun and always had a joke. With his eternal black cigar in hand, he was a composer by trade, down-to-earth, discussed little about himself but was a first-rate advisor in my life. “ Gerhardt would consult certain composers in advance about how to recreate suites from their works, or when this wasn't possible, he would rearrange the suites himself and submit them to the composers for approval. "Some critics complained that my suites were too short, but my aim in the case of each album was to present a well-split 'portrait' of the composer, highlighting his many creative facets". Although Korngold, Newman and Steiner were no longer around to lend their support, Gerhardt was lucky enough to still work with Herrmann, Rózsa and Tiomkin as consultants who turned up at the recording studio to lend a hand. Gerhardt also had the idea of creating albums focusing on a single film star. Three specific volumes were devoted to music from the films of Humphrey Bogart, Errol Flynn and Bette Davis. Although these albums suffer from too great a diversity of genres, they still offer the chance to hear and discover rare and previously unpublished compositions. The best conceived album was arguably the one devoted to Bette Davis. Conscious of the important role played by music in her films, the legendary actress took part in the conception of the album, knowing that it favored scores by Max Steiner designed for Warner Bros. The Collection Begins ! Gerhardt's passion for certain composers knows no bounds, but he soon envisages a disc devoted to Miklos Rozsa, including suites for “Spellbound” and “The Red House”, one of his favorite scores, which he will exhume to create one of the longest suites in the series. At the same time, he received various fan wish lists and films to watch, such as “The Four Feathers”, which he had never seen and which gave him the opportunity to discover a splendid score by Miklos Rozsa that he had never heard before. He was disappointed, however, not to be able to conceive a longer “Spellbound” sequel for rights reasons. Despite RCA's full approval, Gerhardt realized that it was not easy to record film music in its original form, as few were ever edited, played and made available for rental. For The Sea Hawks album, things were simpler, as Georges Korngold had copies of his father's scores, and Warner Bros had also archived material in good condition. From the outset, Gerhardt encountered other major problems in the search for and discovery of scores hidden away in other studios, often with the unpleasant surprise of discovering missing or incomplete conductors, or others heavily modified by orchestrators during recording sessions, or the surprise of discovering, in certain cases, instrumentation information noted in shorthand on the edges of the conductor score. For the disc dedicated to Max Steiner, for example, the conductor score for “King Kong” had disappeared from the RKO archives, having been shipped in 1950 to poorly maintained warehouses in Los Angeles where it had become totally degraded and illegible. With the help of Georges Korngold, Gerhardt was able to reconstruct a substantial suite from the piano models left by Steiner at the time. This experience was repeated when the conductor score for Dimitri Tiomkin's “The Thing” was discovered in the same warehouse, in an advanced state of disintegration. Fortunately for Gerhardt, Tiomkin, who was still alive, had been able to provide precise piano maquettes with orchestration information in shorthand, revealing a complex and highly innovative style of writing. Tiomkin always composed at the piano, inscribing very specific information and signs on the edges of the scores in pencil, an ingenious system of his own invention that was difficult to decipher. “Revisiting the score of ‘The Thing from Another World’ was a complex task, involving experimental passages and an unorthodox orchestra. You can understand that I had a huge job on my hands. When I approached the recording sessions, it was not without some trepidation. However, the composer present made no criticism or comment on my work, and was delighted. He was delighted.” For “Gone With The Wind”, Steiner was against the idea of remaking a complete soundtrack, as he felt that too many passages were repeated. It was an opportunity for him to revisit his own score, integrating his favorite melodies. This synthesis gave him the opportunity to revitalize his music by eliminating the least interesting parts of the score. Conceived as long suites or isolated themes, the discs reflect the essence of the composers' work. The “Classic Film Scores” series by Franz Waxman, Bernard Herrmann and Miklos Rozsa etc will become a big hit with collectors. For Gerhardt, this will be an opportunity to unearth forgotten or rare scores such as Herrmann's “The White Witch” and “On a Dangerous Ground”, Hugo Friedhofer's “The Sun Also Rises” and early recordings for Waxman's “Prince Valliant” and Rozsa's “The Red House”, all with new, impeccable acoustics. For “Elisabeth and Essex”, Erich Korngold had already prepared a suite in the form of an Overture, which was given its world premiere in a theater. The suite for “The Adventures of Robin Hood” also pre-existed. Franz Waxman created his own suite for “A Place in the Sun”, which was also performed in concert. Dimitri Tiomkin, Miklos Rozsa and Bernard Herrmann acted as consultants and contributed arrangements to their scores. For the continuation of “White Witch Doctor”, Bernard Herrman added percussion to link the different musical tableaux. He did the same for the different parts of “Citizen Kane”. Miklos Rozsa saw an opportunity to add a male choir to the suite from “The Jungle Book”, based on an idea by Charles Gerhardt. For the record dedicated to Errol Flynn, Gerhardt re-orchestrated the theme “The Lights of Paris” from Hugo Friedhofer's “The Sun also Rises”, as the original was no longer available. “I wanted to go back to that time and systematically explore the very substance of the great film scores of the late 30s and 40s, sending them back directly to their images as dramatic entities. The desire to rediscover tunes we know and to take into account the contexts in which they were originally used. I decided to recreate these scores with their original orchestrations, and this could only be done by returning to the ultimate sources, as the composers had originally conceived them.” Keen to open up the collection to other genres, such as science fiction, Gerhardt dedicated two further albums to the series in 1992. The first featured contemporary sequels to “Star Wars” and “Close Encounters of the Third Kind”, promoting the work of John Williams, a leading composer of new film music. Then another called “The Spectacular World of Classic Film Scores”, presenting a disappointing compilation of scores that had already been recorded, except for the creation of a sequel to Dimitri Tiomkin's “The Thing From Another World” and Daniele Amfitheatrof's rarely heard theme “Dance of the Seven Voiles” from Salome. In 1978, the collection was published in Spain by RCA Cinema Treasures. In the USA and Europe, the Classic Film Scores LP series was reissued in the early 80s with a black art deco cover and colored star index. All Volumes in the First Series Were Reissued : By the end of the '80s, the series was running out of steam, and Charles Gerhardt planned to relaunch his collection with albums dedicated to famous American actresses, a new volume for Max Steiner and the Western, a volume reconstructing the score of Waxman's “The Bride of Frankenstein”, followed by volumes devoted to Alex North, Hugo Friedhofer, Victor Young and Elmer Bernstein... But RCA would not support Gerhardt in these projects, preferring to release the collection on CD for the first time. In early 1990, RCA asked Gerhardt to supervise and co-produce the collection, which he saw as an opportunity to revisit some of the volumes, inserting tracks that had not appeared on the LPs or extending certain suites. The volume devoted to Franz Waxman, “Sunset Boulevard”, was the first to be released. The CD did not benefit from any particular promotion, but sold very well, as did the other CDs that followed... A collection marked by a new design in silver pantone. The CDs series was reissued in 2010, still under the RCA Red Seal label, but distributed by Sony Music Entertainment. RCA Victor's Classic Films Scores series represents a unique collection in the history of film music recordings. 14 recordings of rare quality, produced by Georges Korngold and Charles Gerhardt to become one of the revelations of the reissue phenomenon. Other Concepts... Later, Gerhardt spent most of his time in London, continuing to make recordings. After retiring from RCA in 1986, he returned to independent work for Readers Digest and other record labels, a position he held in production and musical supervision until 1997. Since 1991 he had lived in Redding, California. In later years, he did not appear professionally, refusing all public invitations because of his desire to remain discreet. In his entourage he was close to three cousins, Lenore L Engel and Elizabeth Anne Schuetze, both living in San Antonio, and cousin Steven W Gerhardt of St. Pete Beach, Florida. In late November 1998 Charles Gerhardt was diagnosed with brain cancer and died of complications following surgery on February 22, 1999. He was 72 years old. Thus ends this tribute to Charles Gerhardt and the most famous collection of film music records: The Classic Film Scores series.
by Doug Raynes 24 Jan, 2024
Following on from Tadlow’s epic recording of El Cid, the same team – Nic Raine conducting and James Fitzpatrick producing – have turned their attention to a completely different type of epic film for the definitive recording of Ernest Gold’s Academy Award winning score for Otto Preminger’s Exodus (1960). The score is something of a revelation because aside from the main theme, the music has received little attention through recordings. Additionally the sound quality of the original soundtrack LP was disappointing and much music was deleted or cut from the film.
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